lundi 31 mai 2010

Amour, vengeance et justice

L’équipe du film
Oscar 2010 du meilleur film étranger et Goya 2010 du meilleur film hispano-américain, El secreto de sus ojos (Dans ses yeux) de Juan José Campanella réunit des acteurs stupéfiants : Soledad Villamil (Irene Menendez Hastings, lumineuse), Ricardo Darin (Benjamin Esposito), Guillermo Francella (Pablo Sandoval), Pablo Rago (Ricardo Morales).

L’histoire
Retraité du système judiciaire argentin, Benjamin Esposito s’attelle à l’écriture d’un roman retraçant une affaire dont il avait la charge en 1974.

Mon avis
Enquête policière, romance amoureuse, annales politiques s’entrecroisent avec brio.
Sous une apparente placidité, une tension énorme prend place au fil du film, emportée par un jeu d’acteur sobre mais d’une grande intensité.
L’intrigue est prenante, les personnages prodigieux.
L’ébauche d’une analyse psychologique apparaît même en filigrane.
Ces yeux-là sont une fenêtre ouverte sur l’humanité dans son extrême complexité.
Ces yeux-là disent qu’il faut parfois savoir fermer des portes pour pouvoir en ouvrir d’autres.

Date de sortie
5 mai 2010

Appréciation
3 étoiles (sur 5)

dimanche 9 mai 2010

Donnez Downey do-donnez Downey donnez-moi

L’équipe du film
Robert Downey Jr revêt une nouvelle fois l’armure d’Iron man.
Après avoir remporté le Golden globe du meilleur second rôle masculin pour sa prestation dans Ally McBeal (2001), le Chaplin de Richard Attenborough (1993) s’est distingué dans Kiss kiss bang bang (Shane Black, 2005), Good night and good luck (George Clooney, 2006), Zodiac (David Fincher, 2007) et plus récemment Le soliste (Joe Wright, 2009) et Sherlock Holmes (Guy Richie, 2010).

L’histoire
Plus fun que Batman, plus attirant que Spiderman (le collant moulant ne fait pas le sex-symbol), plus savant que Superman, Iron man (Tony Stark – Robert Downey Jr)) aurait tout pour être heureux s’il n’était contrarié par un cœur défaillant.

Mon avis
Malgré sa mégalomanie, le héros ne se prend pas au sérieux. Il fait au contraire preuve de beaucoup d’autodérision, d’un grand sens de la répartie et séduit par sa rock’n roll attitude. Robert Downey Jr sur pile est drôle, vif et piquant ; une fois de plus tellement frais qu’il prend sans peine l’ascendant sur Mickey Rourke, simulacre de Wrestler qui aurait laissé ses doigts dans la prise trop longtemps.
La mise en place des personnages est laborieuse, l’éclairage sur les relations entre Tony et son père cousu de fil blanc mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs ; dans l’étincelle qui illumine le regard de Robert Downey Jr.
Donnez Downey do-donnez Downey donnez-moi
Donnez Downey do-donnez, Dieu vous le rendra
.

Date de sortie
28 avril 2010

Appréciation
2 étoiles (sur 5)

vendredi 26 mars 2010

Delirium très mince

L’équipe du film
La filmographie de Tim Burton est aussi luxuriante que sa chevelure.
Citons quelques perles du président du Festival de Cannes 2010 : Les noces funèbres, 2005 ; Sleepy Hollow, 2000 ; Mars attacks !, 1997 ; Edward aux mains d’argent, 1991 ; Beetlejuice, 1988…

L’histoire
Elle s’appelle Alice. Elle a 19 ans. Elle est de retour au pays des merveilles. Et ça va saigner !

Mon avis
Il était une fois un réalisateur génial qui s'était pris les pieds dans un tapis volant, oups.
Techniquement, Tim Burton a dû bien s’amuser, mais quid des émotions ? Quid de la folie ? (A ce propos, quelqu’un est-il en mesure de me dire s’il existe une explication psychologique au fait que Johnny Depp se soit grimé du visage de son épouse ? Vous pouvez envoyer vos réponses à l’adresse mail ci contre. Merci.)
Helena Bonham Carter, la reine de cœur, tire son épingle (à cheveu) du jeu.
Quant au scénariste, "qu’on lui coupe la tête !".

Date de sortie
24 mars 2010

Appréciation
1 étoile (sur 5)

mardi 23 mars 2010

Youpi ! Dansons la carioca

L’équipe du film
Pour son premier long métrage, Marc Chaumeil a le bon goût de combiner de savoureux ingrédients : François Damiens (grâce à qui Dikkenek d’Olivier Hoofstadt est reconnu de salubrité publique), Julie Ferrier, Romain Duris, Vanessa Paradis et Helena Noguerra font de L’arnaqueur une succulente comédie.

L’histoire
Briseur de couple professionnel, Alex Lippi (Romain Duris, rocambolesque et charmant) s’est adjoint les services de sa sœur Mélanie (Julie Ferrier, épatante), et de son beau-frère Marc (François Damiens, inénarrable) pour enjôler les femmes malheureuses et leur ouvrir les yeux. Mais sa petite entreprise doit faire face à la crise, et le voilà obligé d’accepter une mission difficile mais lucrative : séduire Juliette (Vanessa Paradis) à dix jours de ses épousailles avec un ersatz de prince charmant, riche et bel américain apparemment bien sous tous rapports.

Mon avis
Dans des décors somptueux, avec les moyens techniques de James Bond, des personnages pétillants et cocasses rythment un film plein de fantaisie.
Pas la peine d’épiloguer ; je suis conquise.

Date de sortie
17 mars 2010

Appréciation
3 étoiles (sur 5)

mardi 16 mars 2010

Des chèvres et des hommes

L’équipe du film
Touche à tout du cinéma américain, Grant Heslov a souvent collaboré avec George Clooney. En 2006, il est acteur, scénariste et producteur de Good night, and good luck ; en 2008, acteur et producteur de Jeux de dupe ; en 2009 scénariste de Escape from Tehran dont la sortie est prévue cette année.
Pour The men who stare at goats (ouvrage du journaliste Jon Ronson sur les expériences parapsychologiques menées par l’armée américaine), Grant Heslov enfile la casquette de cinéaste.

L’histoire
Revenu du Vietnam, Bill Django (Jeff Bridges, hallucinant) fonde une unité new age baptisée "Premier Bataillon de la Terre". Son objectif est de faire la guerre autrement qu’avec les armes traditionnelles, en formant des combattants Jedis capables de décupler leurs pouvoirs parapsychiques (lire dans les pensées de l’adversaire, traverser les murs…). Parmi ses plus brillants soldats figure Lyn Cassidy (George Clooney).

Mon avis
Bienvenue à cette parodie militaire loufoque basée sur des faits réels !?!
Jeff Bridges sous l’emprise constante de substances illicites distribue des fleurs aux soldats et les entraîne façon Full Metal Jacket version hippie.
Georges, clownesque à souhait, disperse les nuages en les fixant, retrouve son mentor par télépathie… en toute décontraction. Sa moustache beatnik lui donne un petit air de Magnum (ceci n’étant absolument pas une incitation au port de la moustache qui personnellement me hérisse le poil).
Cerise sur le space cake : Kevin Spacey, irréprochable comme à l’accoutumée.
Peace and love.

Date de sortie
10 mars 2010

Appréciation
2 étoiles (sur 5)

samedi 6 mars 2010

Nein

L’équipe du film
Rob Marshall (Chicago, 2003) avait pour projet d’adapter une comédie musicale à succès des années 80, elle-même tirée du 8 ½ de Federico Fellini.
Honte aux producteurs de l’avoir financé. Honte à Daniel Day-Lewis, Penélope Cruz, Nicole Kidman… d’avoir foulé aux pieds le cinéma italien.

L’histoire
Comment réaliser un film sans scénario ?
Telle est la question que se pose Guido (Daniel Day-Lewis) qui aurait aisément pu s’appeler Vomito tant chanter semble un supplice pour lui (et pour le spectateur).
Rob Marshall n'a visiblement pas trouvé la réponse…

Mon avis
La distribution fait froid dans le dos.
Fergie des Black Eyed Peas ressemble moins à Claudia Cardinale qu’à une mauvaise caricature de Peggy la cochonne (et on ne touche pas aux Muppets !).
Toute en vulgarité, Penélope Cruz se croit dans un film de fesses.
Nicole Botox® Kidman ne joue pas, elle pose. Mais ni la fontaine sur laquelle elle s’appuie (énorme allusion à la Fontaine de Trévi de la Dolce vita), ni la toxine qu’elle s’injecte ne sont suffisamment magiques pour qu’on la prenne pour Anita Ekberg.
Marion Cotillard s’en tire moins mal que les autres ; sans doute parce qu’elle est davantage dans la retenue.
Seule Kate Hudson apporte une touche de fraîcheur en interprétant Cinema italiano ; unique chanson qui reste un peu dans l’oreille parmi tous les morceaux ringards qui se succèdent pendant deux heures abyssales.
Le meilleur, c’est quand ça s’arrête.

Date de sortie
03 mars 2010

Appréciation
1 étoile (sur 5)

dimanche 21 février 2010

Mel Gibson le glas

L’équipe du film
Mel Gibson ne se fixe aucune limite (Mad Max).
Mel Gibson passe pour un déjanté habité (L’arme fatale).
Mel Gibson aime les pâtes (Tequila Sunrise).
Mel Gibson conjugue humour et aventure (Comme un oiseau sur la branche).
Mel Gibson interprète qui bon lui semble (Hamlet).
Mel Gibson arbore un sourire ravageur (Forever young).
Mel Gibson s’amuse (Maverick).
Mel Gibson incarne la liberté (Braveheart).
Mel Gibson porte le costume comme personne ; sa distinction, sa virilité, sa plastique le rendent infiniment désirable, hyper sexy, super sensuel (Payback).
Mel Gibson côtoie Bono (The million dollar hotel).
Mel Gibson danse comme un dieu sur Frank Sinatra (Ce que veulent les femmes).
Mel Gibson vit sur un nuage (Signes).
Mel Gibson possède une imagination débridée (Apocalypto).
Mel Gibson est l’acteur le plus charismatique du monde (toute sa filmographie).
Mel Gibson me donne l’impression d’avoir toujours 15 ans.

L’histoire
Emma Craven est assassinée sur le perron de la maison de son père (Mel Gibson, donc), inspecteur de la brigade criminelle de Boston. Etait-ce lui qui était visé ou était-ce effectivement elle ? Dans ce cas, pourquoi vouloir se débarrasser d’une stagiaire ? "Suspemse…"

Mon avis
Pour tout vous dire, avant même de voir Hors de contrôle, j’avais prévu un petit texte me dédouanant de tout parti pris concernant un long métrage mettant en scène Mel Gibson.
Persuadée d’être une fois de plus subjuguée par l’idole de ma jeunesse (et de ma moins jeunesse), je m’étais réservée le droit de ne pas attribuer d’étoiles à ce film afin de rester crédible.
Au fil de la projection, et mon désespoir grandissant, ce texte est passé d’inadapté à totalement incongru.
Par contre, le titre français de Edge of darkness est on ne peut plus adéquat : tout est absolument hors de contrôle. Les méchants, surjoués, en deviennent risibles. Mel se débat dans un marasme scénaristique d’une nullité ineffable.
Quel déboire !

Date de sortie
17 février 2010

Appréciation
1 étoile (sur 5)