mardi 16 mars 2010

Des chèvres et des hommes

L’équipe du film
Touche à tout du cinéma américain, Grant Heslov a souvent collaboré avec George Clooney. En 2006, il est acteur, scénariste et producteur de Good night, and good luck ; en 2008, acteur et producteur de Jeux de dupe ; en 2009 scénariste de Escape from Tehran dont la sortie est prévue cette année.
Pour The men who stare at goats (ouvrage du journaliste Jon Ronson sur les expériences parapsychologiques menées par l’armée américaine), Grant Heslov enfile la casquette de cinéaste.

L’histoire
Revenu du Vietnam, Bill Django (Jeff Bridges, hallucinant) fonde une unité new age baptisée "Premier Bataillon de la Terre". Son objectif est de faire la guerre autrement qu’avec les armes traditionnelles, en formant des combattants Jedis capables de décupler leurs pouvoirs parapsychiques (lire dans les pensées de l’adversaire, traverser les murs…). Parmi ses plus brillants soldats figure Lyn Cassidy (George Clooney).

Mon avis
Bienvenue à cette parodie militaire loufoque basée sur des faits réels !?!
Jeff Bridges sous l’emprise constante de substances illicites distribue des fleurs aux soldats et les entraîne façon Full Metal Jacket version hippie.
Georges, clownesque à souhait, disperse les nuages en les fixant, retrouve son mentor par télépathie… en toute décontraction. Sa moustache beatnik lui donne un petit air de Magnum (ceci n’étant absolument pas une incitation au port de la moustache qui personnellement me hérisse le poil).
Cerise sur le space cake : Kevin Spacey, irréprochable comme à l’accoutumée.
Peace and love.

Date de sortie
10 mars 2010

Appréciation
2 étoiles (sur 5)

samedi 6 mars 2010

Nein

L’équipe du film
Rob Marshall (Chicago, 2003) avait pour projet d’adapter une comédie musicale à succès des années 80, elle-même tirée du 8 ½ de Federico Fellini.
Honte aux producteurs de l’avoir financé. Honte à Daniel Day-Lewis, Penélope Cruz, Nicole Kidman… d’avoir foulé aux pieds le cinéma italien.

L’histoire
Comment réaliser un film sans scénario ?
Telle est la question que se pose Guido (Daniel Day-Lewis) qui aurait aisément pu s’appeler Vomito tant chanter semble un supplice pour lui (et pour le spectateur).
Rob Marshall n'a visiblement pas trouvé la réponse…

Mon avis
La distribution fait froid dans le dos.
Fergie des Black Eyed Peas ressemble moins à Claudia Cardinale qu’à une mauvaise caricature de Peggy la cochonne (et on ne touche pas aux Muppets !).
Toute en vulgarité, Penélope Cruz se croit dans un film de fesses.
Nicole Botox® Kidman ne joue pas, elle pose. Mais ni la fontaine sur laquelle elle s’appuie (énorme allusion à la Fontaine de Trévi de la Dolce vita), ni la toxine qu’elle s’injecte ne sont suffisamment magiques pour qu’on la prenne pour Anita Ekberg.
Marion Cotillard s’en tire moins mal que les autres ; sans doute parce qu’elle est davantage dans la retenue.
Seule Kate Hudson apporte une touche de fraîcheur en interprétant Cinema italiano ; unique chanson qui reste un peu dans l’oreille parmi tous les morceaux ringards qui se succèdent pendant deux heures abyssales.
Le meilleur, c’est quand ça s’arrête.

Date de sortie
03 mars 2010

Appréciation
1 étoile (sur 5)

dimanche 21 février 2010

Mel Gibson le glas

L’équipe du film
Mel Gibson ne se fixe aucune limite (Mad Max).
Mel Gibson passe pour un déjanté habité (L’arme fatale).
Mel Gibson aime les pâtes (Tequila Sunrise).
Mel Gibson conjugue humour et aventure (Comme un oiseau sur la branche).
Mel Gibson interprète qui bon lui semble (Hamlet).
Mel Gibson arbore un sourire ravageur (Forever young).
Mel Gibson s’amuse (Maverick).
Mel Gibson incarne la liberté (Braveheart).
Mel Gibson porte le costume comme personne ; sa distinction, sa virilité, sa plastique le rendent infiniment désirable, hyper sexy, super sensuel (Payback).
Mel Gibson côtoie Bono (The million dollar hotel).
Mel Gibson danse comme un dieu sur Frank Sinatra (Ce que veulent les femmes).
Mel Gibson vit sur un nuage (Signes).
Mel Gibson possède une imagination débridée (Apocalypto).
Mel Gibson est l’acteur le plus charismatique du monde (toute sa filmographie).
Mel Gibson me donne l’impression d’avoir toujours 15 ans.

L’histoire
Emma Craven est assassinée sur le perron de la maison de son père (Mel Gibson, donc), inspecteur de la brigade criminelle de Boston. Etait-ce lui qui était visé ou était-ce effectivement elle ? Dans ce cas, pourquoi vouloir se débarrasser d’une stagiaire ? "Suspemse…"

Mon avis
Pour tout vous dire, avant même de voir Hors de contrôle, j’avais prévu un petit texte me dédouanant de tout parti pris concernant un long métrage mettant en scène Mel Gibson.
Persuadée d’être une fois de plus subjuguée par l’idole de ma jeunesse (et de ma moins jeunesse), je m’étais réservée le droit de ne pas attribuer d’étoiles à ce film afin de rester crédible.
Au fil de la projection, et mon désespoir grandissant, ce texte est passé d’inadapté à totalement incongru.
Par contre, le titre français de Edge of darkness est on ne peut plus adéquat : tout est absolument hors de contrôle. Les méchants, surjoués, en deviennent risibles. Mel se débat dans un marasme scénaristique d’une nullité ineffable.
Quel déboire !

Date de sortie
17 février 2010

Appréciation
1 étoile (sur 5)

samedi 13 février 2010

S’il vous plaît… dessine-moi un labre à tête de mouton

L’équipe du film
Producteur de Microcosmos (1996) et d’Himalaya, l’enfance d’un chef (1999), Jacques Perrin réalise Océans avec Jacques Cluzaud, compère du Peuple migrateur (2001).
Pour cette odyssée maritime, des outils technologiques ont été inventés. Le système informatique "Thétis" par exemple, permet de filmer une bande de dauphins nageant à toute allure dans une mer agitée, en stabilisant la caméra fixée au bout d’une grue sur un bateau.
Les plongeurs ont également utilisé des équipements spéciaux comme les scaphandres recycleurs sans bulle, afin de ne pas effrayer les animaux et de pouvoir les approcher au plus près.

L’histoire
« Nants ingonyama bagithi baba
Sithi uhhmm ingonyama
Nants ingonyama bagithi baba
Sithi uhhmm ingonyama
Ingonyama
Siyo Nqoba
Ingonyama
Ingonyama nengw' enamabala
C’est l’histoire, l’histoire de la vie
. »

Mon avis
En dépit d’un propos naïf, d’une construction non identifiée, de quelques longueurs, mais aussi de voisins bruyants… certains se conduisent au cinéma comme dans leur salon et inondent la projection de commentaires insignifiants du genre "Wahou qu’elle est grosse la baleine !" ; lapalissades qui parasitent la concentration et le plaisir des autres spectateurs. Est-il besoin de rappeler que dans une salle de cinéma, le silence est de rigueur ?
Bref, revenons à nos moutons...
En dépit d’un propos naïf, d’une construction non identifiée, de quelques longueurs, Océans resplendit d’images d’une qualité et d’une intimité exceptionnelles qui reflètent une grande connaissance du milieu marin. La restitution de la communication sonore entre les individus apporte une vraie valeur ajoutée à cette immersion, à ce ballet aquatique harmonieux.

Date de sortie
27 janvier 2010

Appréciation
3 étoiles (sur 5)

mardi 26 janvier 2010

Tétracyclinteastwood

L’équipe du film
Clint Eastwood collectionne les chefs d’oeuvre comme d’autres les infections bactériennes. Gran torino (2009) c’est lui, Million dollar baby (2005) c’est lui, Mystic river (2003) c’est encore lui, Sur la route de Madison (1995) c’était déjà lui.
Quand il dirige Morgan Freeman (Nelson Mandela), il n’y a rien à dire ; il suffit de laisser le charme agir…

L’histoire
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul
.”
Ainsi s’achève Invictus de William Ernest Henley ; poème que récitait Mandela durant ses années d’incarcération.
Elu à la tête de l’Afrique du Sud en 1994, il tente de fédérer ses concitoyens autour du rugby. Soutenu par le capitaine des Springboks (Matt Damon, transparent malgré les nombreuses séances de muscu), il y parviendra en remportant la Coupe du monde de 1995.

Mon avis
Le tétracyclinteastwood est un antibiotique de la famille des Aventuriers, préconisé dans le traitement de l’ennui, de la médiocrité, de la facilité stylistique.
La formule 2010 de ce médicament est moins puissante que les précédentes (il faut dire que 2009 et 2005 ont obtenu des résultats remarquables) mais son action préventive reste très efficace.
Effet secondaire constaté : la conscience exacerbée d’être vivant.
Posologie : à consommer sans modération.

Date de sortie
13 janvier 2010

Appréciation
3 étoiles (sur 5)

dimanche 17 janvier 2010

Mr Sandman, bring me a dream

L’équipe du film
Jaco van Dormael (Le huitème jour, 1996) a mis sept ans pour écrire le scénario de Mr Nobody, dont le point de départ se situe dans son court métrage de 1982 : E pericoloso sporgersi.
« Je me suis rendu compte que je ne cherchais pas à raconter quelque chose de binaire » confie-t-il, « j'étais avant tout intéressé par la multiplicité et la complexité des choix. Quand on doit faire un choix, il n'y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. C'est une arborescence. Avec ce scénario, j'avais envie de faire sentir ce gouffre né de l'infinité des possibilités. ».

L’histoire
Nemo a neuf ans. Ses parents se séparent. Que faire ? Partir avec sa mère ? Rester avec son père ? Ne pas choisir ? Ne pas choisir, c'est encore choisir.

Mon avis
Mr Nobody c’est chacun d’entre nous, à chaque instant confronté à des choix et à leur effet papillon. Mr Nobody c’est l’humain dans son universalité, décortiqué par un réalisateur habité ; petit poucet qui laisse derrière lui des cailloux de couleurs différentes selon le chemin emprunté par son héros.
Van Dormael effleure parfois l’alchimie d’Eternal sunshine of the spotless mind de Michel Gondry (2004) mais sans jamais l’atteindre.
On peut être touché par ce film étourdissant aux ramifications complexes… ou pas.

Date de sortie
13 janvier 2010

Appréciation
2 étoiles (sur 5)

dimanche 10 janvier 2010

Keats' eyes

L’équipe du film
Dirigées par une femme de talent (Jane Campion, aux commandes d’In the cut en 2003, Holy smoke en 1999 et de la très charnelle Leçon de piano en 1993), les actrices charismatiques de Bright star illuminent l’histoire du poète John Keats (1795-1821). Ici les hommes ne font que de la figuration.

L’histoire
John Keats (Ben Whishaw) and Fanny Brawne (Abbie Cornish) forever.

Mon avis
Magnifique illustration de la poésie romantique du 19ème siècle, Bright star s’ouvre sur un tableau qui rappelle de manière troublante l’œuvre de Vermeer, montrant des scènes de la vie domestique avec un traitement particulier de la lumière.
La végétation anglaise donne matière à de splendides plans.
Le visionnage de ce film voluptueux est à réserver aux adeptes de l’amour romantique et aux personnes qui assument leur sensibilité. Les autres risquent de s’ennuyer un tantinet.
Mais tous peuvent s'interroger sur la place du poète dans notre société (je ramasse les copies dans 4 heures).

Date de sortie
6 janvier 2010

Appréciation
2 étoiles (sur 5)